Synthèse du cours CMN8530 : Thèmes choisis en études des médias

Dans le cadre du cours CMN8530 Thèmes choisis en études des médias, Prof Lévy (2018) a écrit un fascicule  autour d'une question centrale qui est «comment les médias influent sur la cognition et l'intelligence humaine?». Pour répondre à cette question, le fascicule articule deux thèmes: d'un côté la cognition et l'intelligence définie comme la somme des savoir-faire, et de l'autre les médias définis comme tout ce qui constitue un support à la communication.  Cette articulation se fait dans un exposé  d'histoire de l’évolution de la cognition, de la mémoire et de l’intelligence individuelle et collective  avec l’usage des médias. La démarche de l'auteur Lévy (2018) n'est pas seulement historique. Elle se veut tout aussi philosophique, mais une philosophie de l'esprit «explicitement orientée vers l’utilisation des nouvelles possibilités de traitement de l’information intégrant pleinement la dimension du calcul automatique» (Levy, 2018, p. 11). Cette philosophe est implicitement narrative, culturelle et sujette à une démarche graduelle partant de l'oralité à l'écrit et de l'écrit au numérique.

Dans cette mouvance culturelle, la culture scribale par exemple, qui était essentiellement basée sur l’écriture et l’agriculture a permis une grande organisation sociale à l’époque de l’antiquité à l’ère du bronze. Et lorsque l’on compare cette organisation sociale d’antan à l’organisation sociale contemporaine qui est la nôtre aujourd’hui, la différence demeure infime hormis les techniques et les technologies qui sont plus avancées aujourd’hui…

Ainsi, au fil de l’évolution culturelle, les techniques et les technologies s’inventent; les savoirs faire, la cognition et l’intelligence se développent; de nouvelles formes de communication, ainsi que de nouveaux médias se créent en complément des anciens médias qui continuent d’exister et constituent une couche antérieure et inférieure dans la pyramide culturelle… Ce qui est saisissant est que les nouvelles formes de communication et les nouveaux médias ne causent pas nécessairement l’abandon des précédents, bien au contraire, ils participent de la pluralité et contribuent pour ainsi dire à l’enrichissement de l’arsenal communicationnel.  

L’avènement de la communication stigmergique a non seulement démocratisé la communication, mais plus encore, selon Prof Lévy (2018, chap.13), il a créé une forme de communication qui, via les réseaux sociaux, offre une foule de services de communication et permet une nouvelle forme de sociabilité à laquelle participe désormais la majorité des populations. En effet, poursuit Prof Lévy, la communication s’établit toujours entre des personnes mais, dans le médium algorithmique, elle a lieu principalement sur un mode stigmergique. C’est à dire que les internautes communiquent bel et bien de manière indirecte, en modifiant la structure des relations entre les données.  

Toute cette nouvelle forme de communication, selon Lévy (2018), est permise par l’évolution de la  technologie de l’information et de communication ayant pour médium l’ordinateur et ces dérivés dont l’internet et les téléphones intelligents... Cette nouvelle forme de communication élargie la portée du terme « médium », au point que  les algorithmes sont aussi considérés comme un médium de la communication et de la pensée humaine (Lévy, 2018, p.133).  Toujours, selon Prof Lévy, cette dynamique de communication a permis de créer au fil du temps une économie typiquement informationnelle composée des cinq médias suivants : l’oral, le scribal, le lettré, le typographique et l’algorithmique.

Notons que l’économie de l’information est techniquement caractérisée par le degré de mécanisation du traitement de l’information. Plus le traitement est automatisé, plus il augmente l’activité cognitive des individus et des groupes (Lévy, 2018). Cette économie de l’information, à l’heure actuelle, est formée par le médium algorithmique qui se compose de matériel et de logiciel, et s'opère notamment dans le monde virtuel sous l'appellation eCommerce.

Un autre aspect de cette nouvelle forme de communication est telle que la production des nouvelles, autrefois réservée aux journalistes de métier, est aujourd’hui démocratisée. En outre, la consommation des nouvelles se fait de plus en plus en ligne; et dans cette ère numérique, chaque individu à la capacité de créer son propre système de renseignement (Lévy, 2018). 

Mais les algorithmes sont manipulateurs et intrusifs, et fonctionnent généralement avec les données des internautes sans tenir compte de l’avis de ceux-ci dont la plupart, par ignorance des risques sur la vie privée, ne s’en soucient guère.  Mais les gouvernements réfléchissent pour trouver une solution car, ils deviennent de plus en plus soucieux des risques pouvant découlés des algorithmes qui utilisent les mégadonnées ou les big data.

L’autre volet développé par Professeur Lévy (2018) est la cognition et l’intelligence. J’ai particulièrement noté l’intelligence divine, l’intelligence humaine, l’intelligence collective réflexive, l’intelligence algorithmique à l’intelligence artificielle… Selon Lévy (2018), pour l’intelligence humaine, la manière la plus sûre de progresser est d’atteindre un degré supérieur de réflexivité. L'intelligence collective réflexive implique la connaissance de soi…Toujours selon l’auteur Lévy, le projet de l’intelligence algorithmique comporte une dimension techno-scientifique, mais il est orienté par une finalité humaniste. Chaque communauté humaine possède une représentation interactive de son intelligence collective… Devant ce bouleversement technologique, il est intéressant de se demander si l’intelligence humaine court le risque d'être supplantée par l'intelligence artificielle ou les algorithmes utilisant les Big Data. 

 

Par ailleurs, voici quelques maximes qui ont retenu mon attention dans ce cours :

«Pour informer, persuader ou dissuader, le message se construit à partir de l'environnement culturel du public cible » (Lévy, 2018).

« Aucun individu ne serait « intelligent» s’il ne participait pas à la communication sociale et s’il n’héritait pas des connaissances ancestrales » (Levy, 2018).

«La raison se développe par entraînement personnel et collectif, aussi bien par l’apprentissage et le progrès technique» (Levy, 2018).

«La pyramide culturelle a pour but de tracer l’évolution de culturelle de l’humanité» (Levy, 2018).

« C’est à travers un système de médias que toute société produit et consulte sa mémoire » (Levy, 2018).

Ce que j’ai encore apprécié dans ce cours, c'est le fait que pour les exposés, les étudiants choisissent librement leurs livres dans une liste de suggestion liée au contenu du cours. Cette liberté m'a permis  de choisir des livres qui, sans m'y attendre, allaient m'apprendre des choses que jusque-là n'avaient jamais effleuré ma curiosité dans le domaine de la communication: à savoir les algorithmes numériques et les actes de langage dans le discours.

-Les algorithmes numériques mesurent 4 nouvelles catégories d'information: la popularité, l'autorité, la réputation et la prédiction. Ils hiérarchisent l’information, devinent ce qui nous intéresse, sélectionnent les biens que nous préférons, organisent et structure les informations, aident à prendre des décisions ou automatise des procédés, s’efforcent de nous suppléer dans de nombreuses tâches.

-Quant aux actes de langage dans le discours, ils véhiculent une théorie intitulée «Dire, c'est faire ou faire faire» qui signifie que la parole est aussi une action et donc elle n'est pas opposée à la 'action. Du coup, cette théorie remet en question le dicton «Joindre la parole à l'acte», car la parole est-même une action. Cette théorie va s’enrichir avec le développement de la pragmatique interactionniste qui s'énonce  en ces termes: «Dire, c'est agir, faire réagir ou interagir»; «parler, c’est échanger et c’est changer en échangeant ». En claire, cette théorie nous apprend qu'avec la communication interactionniste ou conversationnelle,  les interlocuteurs s'influencent mutuellement.

 

 

Références bibliographiques:

- Lévy, Pierre. (2018). Cognition : l’odyssée de l’esprit. Fascicule.

- Kerbrat-Orecchioni, Catherine. (2001). Les actes de langage dans le discours: le théorie et fonctionnement. Paris, Édition Nathan.

- Cardon, Dominique. (2015). A quoi rêvent les algorithmes: nos vies à l'heure du big data. Paris, Seuil, La République des idées, ISBN : 978-2-02-127996-2.